Anges musiciens de TinaG - 2021

La musique creuse le ciel - Charles Baudelaire

 

Histoire de l'art

 

Le Jardin des Délices est l’un des tableaux célèbres du Néerlandais Jérôme Bosch, peintre primitif flamand. Triptyque dont les panneaux représentent, de gauche à droit, l’union d’Adam et Ève par Dieu au Paradis, de l’humanité pécheresse avant le Déluge et enfin de l’Enfer où les pécheurs subissent les affres de la torture. Véritable terrain de jeu pour les historiens de l’art, il regorge de motifs et de symboles à analyser. Les panneaux de droite et du centre ont une palette de couleur claire avec prédominance du vert. Celui de droite représente l’union entre Adam, le premier homme, et Eve, la première femme, célébrée au Paradis par Dieu qui a pris les traits du Christ. Le panneau central dépeint un enchevêtrement de corps, féminins et masculins, mangeant des fruits et côtoyant de nombreux animaux, représentant l’humanité pécheresse avant le Déluge.

 

L’Enfer des musiciens

Le panneau qui nous intéresse est celui qui représente l’Enfer. Contrairement aux deux autres, le panneau de l’Enfer présente une palette chromatique plus sombre, plus effrayante. Jérôme Bosch y représente différents supplices que les démons infligent aux pécheurs. Et dans la partie inférieure du panneau, il semble qu’il ait représenté une sorte d’enfer des musiciens : en effet, on voit plusieurs personnages torturés à l’aide d’instruments de musique : crucifixion sur une harpe et une cithare, séquestration dans un tambour ou une vielle à roue ou tatouage d’une partition de musique sur les fesses.

La partition musicale du tableau a été déchiffrée et enregistrée  

Ce dernier élément cocasse a attiré l'attention d'une étudiante en musicologie, qui a retranscrit la partition en notation moderne et l'a publiée sur Tumblr. Un internaute s'est alors amusé à l'enregistrer, donnant vie à la musique de ce tableau vieux de 600 ans ! Auparavant, en 1978, le musicien espagnol Gregorio Paniagua avait enregistré un disque avec son ensemble Atrium Musicae de Madrid, sous le titre de Codex Gluteo - s’inspirant des notes inscrites sur les fesses du pécheur.